Mesure d'impact
"L'impact désigne les effets positifs ou négatifs ; attendus ou inattendus ; directs ou indirects ; de court, moyen ou long terme ; imputables à une action. Dans le cadre de son appropriation par des acteurs à vocation d’intérêt général (ONG, bailleurs internationaux, associations, entreprises sociales), l’impact a pris une connotation positive en mettant l’accent sur les effets bénéfiques produits par l’action dans sa volonté explicite de répondre à des enjeux sociétaux ciblés, les effets secondaires, inattendus ou négatifs pouvant également être étudiés...
Plusieurs méthodes existent pour mesurer l'impact d'une action sociale :
‒ La théorie du changement ;
‒ Les approches de monétarisation (analyse cout-bénéfice, évaluation socioéconomique, Social Return on Inv-estment-SROI) ;
‒ Les approches contrefactuelles ;
‒ L'analyse des indicateurs d'impact (indicateurs de réalisation, de résultats ou d'impact)."
"EN PRÉAMBULE SUR LA NOTION D’IMPACT
Dès les années 1990, l’anglicisme Impact est utilisé pour désigner les effets positifs ou négatifs ; attendus ou inattendus ; directs ou indirects ; de court, moyen ou long termes ; imputables à une action.
Dans le cadre de son appropriation par des acteurs à vocation d’intérêt général (ONG, bailleurs internationaux, associations, entreprises sociales), l’impact a pris une connotation positive en mettant l’accent sur les effets bénéfiques produits par l’action dans sa volonté explicite de
répondre à des enjeux sociétaux ciblés (ex : lutter contre des inégalités ou la précarité ; mener des campagnes de prévention sur le champ de la santé ; favoriser l’insertion de personnes en situation de handicap ; faire évoluer des modes de consommation). Les effets secondaires, inattendus ou négatifs pouvant également être étudiés.
Sur le plan environnemental, la notion d’impact s’approche plutôt de manière négative. Par défaut, l’activité humaine s’appuie sur l’usage des ressources naturelles, et est source de pollution et de dégradation des écosystèmes. Il s’agira alors de conduire des actions de limitation, de
préservation ou de réparation. Cette recherche d’atténuation ou d’évitement des effets négatifs se retrouve aussi sur le plan social, quand il s’agit d’assurer par exemple des conditions de travail décentes et sécurisées aux salariés.
Concernant plus spécifiquement les entreprises, l’émergence et la diffusion de l’usage de l’Impact fait échos aux attentes croissantes de responsabilité et d’engagement de ces dernières sur les enjeux de société au sens large, dont ceux environnementaux. Un point d’attention concerne néanmoins la place accordée à l’Impact et la motivation à l’origine de l’usage du concept par les entreprises.
On peut distinguer trois situations :
1 Les entreprises ou projets à Impact (ou « for impact »4) portés par la volonté première de générer un impact positif explicite en réponse à un besoin sociétal, qui guidera l’ensemble de l’action et son pilotage. On voit ainsi un déplacement de l’usage du terme Impact qui devient un qualificatif et peut impliquer des engagements en termes de gouvernance pour garantir cette mission.
2 Les entreprises ou projets poursuivant une autre finalité première, mais s’engageant pour limiter leurs effets négatifs et induire des effets positifs dans la conduite de leurs actions, au travers de pratiques environnemen-tales ou sociales innovantes, exigeantes ou exemplaires (« with impact »). Une vigilance sera néanmoins néces-saire sur la finalité première qui peut être génératrice d’effets négatifs importants ne pouvant pas être com-pensés par la seule mise en place de bonnes pratiques.
À noter, dans un cas comme dans l’autre, que se doter d’une mission à impact, allouer des ressources ou mettre en place des actions pour créer de l’impact positif ou réduire son impact négatif ne signifie pas pour autant obtenir les résultats escomptés en termes d’effets réels ou changements significatifs pour les parties prenantes ou l’environnement. Les indicateurs de moyens et de réalisations sont ainsi des indices utiles et intéressants, mais insuffisants pour estimer l’ampleur de l’impact positif ou de la réduction de l’impact négatif.
Des évaluations et mesures complémentaires sont ainsi requises.
3 Les entreprises ou projets justifiant a posteriori l’impact global positif de leur activité économique sur la base de leurs indicateurs traditionnels (ex : paiement de salaires et d’impôts), ou mettant en lumière des actions symboliques de réduction de leur impact négatif sur l’environnement (ex : choix de véhicules plus propres), de solidarité (ex : partenariat avec des associations) ou de bien-être au travail (ex : poste de Chief Happiness Officer). Pris dans l’exigence de redevabilité et de communication responsable, le risque de green/social ou impact washing est ici le plus fort.
Le terme Impact, tout en étant proche, ne se confond pas avec celui d’externalité. Une externalité peut être considérée comme un impact en tant qu’effet positif ou négatif pour une partie prenante, mais un impact ne renvoie pas forcément à la problématique de marché de l’approche économique néoclassique à l’origine du concept d’externalité, dans laquelle la problématique est la non-rémunération de l’avantage ou du dommage généré. Par ailleurs, la notion d’externalité ne comprend pas la dimension d’intentionnalité promue par les entreprises ou la finance dites à impact.
En dernier lieu, pour une entreprise, l’impact peut s’appréhender selon deux directions : soit les effets externes de l’entreprise sur ses parties prenantes et l’environnement, soit les effets des facteurs externes sur l’entreprise, au sens des risques et opportunités qu’ils induisent pour sa profitabilité, sa croissance et sa durabilité.
Dans le premier cas, les parties prenantes et l’environnement sont une fin en soi, dans une approche de la soutenabilité dite forte. Dans le deuxième cas, préserver l’environnement ou apporter des bénéfices à ses parties prenantes est analysé au prisme d’une finalité demeurant d’ordre économique et financier, dans une approche de soutenabilité dite faible, les décisions pouvant amener à des compromis défavorables d’un point de vue social ou environnemental.
Ces enjeux posés se reflètent dans les différentes initiatives développées ces dernières années et qui prennent aujourd’hui un nouvel essor autour des attentes accrues de reporting extra-financier des entreprises. Ce rapport vous propose ainsi des repères pour en comprendre les grandes tendances et la manière dont ces dernières intègrent la notion d’Impact."