Schizophrénie

La schizophrénie est un trouble grave qui se déclare généralement à la fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Elle se caractérise par des distorsions profondes de la pensée et de la perception et elle affecte le langage, les pensées, les perceptions et la conscience de son identité.

On observe souvent des expériences psychotiques avec des hallucinations auditives ou des délires. Elle perturbe la façon dont le sujet fonctionne en lui faisant perdre les capacités acquises, comme celles de gagner sa vie ou de faire des études.
Combien en souffrent ?
Dans le monde, environ 24 millions de personnes souffrent de schizophrénie à un moment ou à un autre de leur vie. Sa fréquence est à peu près identique pour les deux sexes. Elle tend à apparaître plus tardivement chez la femme, avec une évolution plus favorable après traitement.
Que peut-on Jaire ?
La prévention primaire est impossible. De récents travaux de recherches ont néanmoins porté sur le développement de moyens pour déceler les stades très précoces de la maladie. Ce dépistage permettrait d'instaurer rapidement le traitement et de faire diminuer les risques de récidives et de lésions résiduelles graves.
Le traitement a trois composantes principales : les médicaments pour soulager les symptômes et éviter les rechutes; l'éducation et les interventions psychosociales pour aider les patients et leur famille à faire face à la maladie et à ses complications ; la réadaptation pour aider les patients à réintégrer la communauté et même retrouver leur activité professionnelle.
Jusqu'à une époque récente, environ un tiers des patients guérissaient complètement. Avec les progrès de la chimiothérapie et des soins psychosociaux, près de la moitié des personnes chez qui se déclare une schizophrénie peuvent désormais espérer une guérison complète et durable. Pour les autres, l'évolution peut devenir chronique et récurrente avec des symptômes résiduels et des limitations importantes dans les activités journalières. 

OMS Aide rnemoire: Rapport sur la Santé dans le Monde 2001 

 "La schizophrénie est un trouble grave qui se déclare généralement à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Elle se caractérise par des distorsions fondamentales de la pensée et de la perception ainsi que par des affects inappropriés. Ce désordre entraîne une altération des fonctions les plus essentielles qui permettent à chacun d’être conscient de son identité, de son unicité et de son autonomie.
Le comportement peut être gravement perturbé pendant certaines phases et avoir des conséquences sociales néfastes.
Le sujet schizophrène croit fermement à des idées fausses et sans aucun fondement (délire). L’évolution de la schizophrénie est variable. Dans un tiers des cas environ, la rémission symptomatique et sociale est complète. La schizophrénie peut cependant devenir chroni-
que ou récurrente, avec symptômes résiduels et rémission sociale incomplète. Les sujets atteints de schizophrénie chronique représentaient autrefois un vaste contingent des malades soignés dans les établissements psychiatriques, et c’est toujours le cas lorsque ces institutions existent encore. Grâce aux progrès des pharmacothérapies et des thérapies psychosociales, près de la moitié des personnes chez qui se déclare une schizophrénie peuvent espérer une guérison complète et durable. Chez environ un cinquième des autres seulement, les activités quotidiennes restent profondément perturbées.
La fréquence du trouble est quasi identique pour les deux sexes, mais on note chez la femme un âge de survenue souvent plus tardif ainsi qu’une évolution et un pronostic plus favorables.
L’étude sur la CMM en 2000 rapporte une prévalence ponctuelle de 0,4 %. La schizophrénie est très incapacitante. D’après une étude réalisée récemment dans 14 pays sur les incapacités associées aux affections physiques et mentales, la psychose évolutive a été placée au troisième rang des maladies invalidantes par la population générale, avant la paraplégie et la cécité (Üstün et al., 1999).
Selon l’étude sur la charge mondiale de morbidité, la schizophrénie est responsable de 1,1 % du nombre total d’AVCI et de 2,8 % des AVI. Son coût économique pour la société est lui aussi important. Aux Etats-Unis d’Amérique, le coût direct de la schizophrénie a été
estimé pour 1991 à US $19 milliards et la perte de productivité à US $46 milliards.
Même quand les symptômes les plus évidents ont disparu, il reste parfois des symptômes résiduels : manque d’intérêt et d’initiative dans les activités quotidiennes et au travail, altération des performances sociales et incapacité de s’adonner à des activités de loisir. Ces symptômes, qui risquent d’entraîner une incapacité permanente et une détérioration de la qualité de vie, peuvent représenter un fardeau considérable pour les familles (Pai & Kapur, 1982).
Il a été montré à maintes reprises que la schizophrénie suit un cours moins défavorable dans les pays en développement (Kulhara & Wig, 1978 ; Thara & Eaton, 1996). Dans l’une des études internationales multisites, par exemple, 63 % des malades étaient en rémission complète au bout de deux ans dans les pays en développement, contre 37 % dans les pays développés (Jablensky et al., 1992). On a tenté d’expliquer cette différence par le fait que les liens familiaux sont plus solides et les malades moins sollicités, mais les raisons exactes restent floues.
Un nombre important de schizophrènes tentent de se suicider à un stade ou à un autre de leur maladie. D’après une récente étude, 30 % des personnes chez qui l’on avait diagnostiqué une schizophrénie avaient fait au moins une tentative de suicide au cours de leur vie (Radomsky et al., 1999). Environ 10 % des schizophrènes se donnent la mort (Caldwell & Gottesman, 1990).
A l’échelle mondiale, la schizophrénie réduit de 10 ans en moyenne la durée de vie des personnes atteintes."

https://iris.who.int/server/api/core/bitstreams/8a1a85ac-989f-4b2d-881f-39116db7e9f2/content